lundi 1 septembre 2008

Fable Urbaine

La poésie urbaine au service de la civilité au volant! Inspirée par la triste réalité...

Fable Urbaine


Enfermés dans un bloc d'acier, posé sur quatre roues,
La conduite traduit notre tempérament, qu'il soit dur ou doux.
Mais on ne se soucie pas de ses relations par véhicules interposés
Elles reflètent pourtant autant que les autres la réalité.

Mercredi midi, une mère de famille quitte son travail.
Elle s'accorde une pause pour oublier ses responsabilités en pagaille.
Elle va s'offrir un resto, alors elle traverse son patelin.
Sa conduite est tranquille, même si elle a terriblement faim.

Dans la grande rue, elle roule tranquille même dans les pentes.
Elle ralentit consciencieusement à l'approche d'une « zone trente ».
À la fin de l'interdiction, c'est à peine si elle accélère,
Elle gagne quand même un petit 50, pour ne pas se la jouer mémère.

Sa bagnole deux portes, elle a déjà vécu sa vie.
Les excès de vitesse, elle ne les ferait même pas si elle avait envie.
Cette sérénité, pourtant, ne semble pas plaire à tout le monde.
Derrière elle, au centre de la bourgade, un moteur gronde.

En trombe, arrive une reine dans son étincelant palais.
Dans sa twingo dorée, elle est surtout reine des PV esquivés.
Sous prétexte d'être en retard, ce sont feus rouges grillés,
Sens interdits, engueulades : elle n'en est plus à son coup d'essai.

La zone trente, elle l'aurait respecté avec un compteur en miles par heure.
Les limites ne sont pas pour tous : c'est son opinion pour l'heure.
Quelle est cette vielle folle qui roule à 50 en ville?
La Reine s'indigne, et ne s'abandonne pas à un coup de frein facile.

Elle klaxonne, gesticule, insulte et double l'innocente fautive.
Débordant si besoin sur le trottoir pour garder son allure vive.
L'autre, imperturbable, s'étonne mais ne se pose pas de question.
Elle laisse partir la folle, souriant presque qu'on puisse être aussi... Bon.

Vous ne me croyez peut-être pas, je vous laisse décider.
Ce n'est pas qu'une fable urbaine mais une scène que j'ai vu se dérouler.
Je ne veux pas faire de morale, mais juste faire réfléchir un peu.
Cela ne coûte rien de rester un peu sérieux.

Que la reine aille se crasher, ce n'est même pas ce qui me choque.
Mais pourquoi crier après celle qui a une conduite ad hoc?
Sans aller trop vite, la sereine n'était pas en dessous de la limite.
L'autre s'énerva quand même ; Pensez-y, quand vous voudrez aller plus vite.


Un long fleuve tranquille...

ette expression, tout le monde la connaît... et après?


Un long fleuve tranquille...


J'ai entendu, un jour, une phrase un peu futile,
Qui dit que la vie est un long fleuve tranquille.
Y'a du vrai, mais j'aimerais mettre des nuances,
Des crues, des rapides, qui font que le bateau balance.

On vient de partir, de larguer les amarres,
Que déjà on stresse, de peur d'être en retard.
Alors on pagaie, moitié dans l'eau, moitié dans le vide,
Sans penser que bientôt arrivent déjà les premiers rapides.

On voudrait freiner, prendre un peu de bon temps,
Mais l'eau s'agite et on fonce dangereusement.
À ça s'ajoutent les crues, c'est une vraie joute navale,
On lutte avec soi-même pour garder le moral.

Après la pluie le beau temps, après les crues la sécheresse.
Le niveau est bas, on peut vite être en détresse.
S'échouer sur le fond, racler contre la terre,
Et pourtant, impossible de faire machine arrière.

Puis l'on gagne un étang, un lieu où l'eau se calme.
On a le temps de réfléchir, pourquoi pas de faire un slam,
C'est un moment important, où il faut faire le point,
Car on est sur le point de se choisir un chemin.

Certains vont accélérer, d'autres faire la planche,
Ou tourner en rond jusqu'à ce que le bateau flanche.
Entraînés par le courant, certains ne choisiront pas,
Mais une chose est sûre, personne ne veut en rester là.

Puis l'on repart, on se pose moins de questions,
Mais le problème vient maintenant de notre embarcation.
Car même sur l'eau, on n'est pas tous à la même enseigne.
Certains ont un moteur pour avancer, alors que d'autres en saignent.

Il y a ceux qui ont des ferries, des bateaux à étages,
Et ceux sur leurs planches qui se renverseront au premier tangage. 
À vous de parier sur le meilleur navire,
Voilier ou vapeur, dans l'espoir qu'ils ne chavirent?

Ferrez-vous le voyage seul, ou prendrez-vous des passagers?
Amis, amours qui pourront prendre le relais,
Prendre la pagaie quand la journée ne sera pas gaie,
Et qui resteront avec vous jusqu'à l'arrivée au quai.

Mais tous ne pourront pas suivre votre cours.
Ils resteront sur la berge, attendant leur tour,
Ou parce que le leur est déjà passé,
Ils rentreront dans les terres, s'éloigneront à jamais.

Tous n'arriveront pas au bout du voyage.
Certains couleront, même dans la fleur de l'âge,
Brisés par un autre navire, ne referont plus surface.
D'autres rejoindront la berge et feront du surplace.

La vie à bord est pas toujours facile, pire qu'un bateau ivre,
On dit « le mal de mer », je préfère « le mal de vivre ».
On ne trouve plus vraiment de raison à avancer,
Pourtant, avons-nous le cran de... reculer?

À contre-courant, ça peut être encore pire,
Peiner pendant des heures, dans l'espoir de repartir,
Repartir à zéro, commencer un nouveau voyage...
Mais tous les efforts sont vains, on ne reverra pas les premiers rivages.

La fatigue se fait sentir, on finit par perdre l'énergie,
On souhaite pourtant voir le quai promis.
Alors on se laisse porter au gré du vent,
Ou on se fait tirer par de plus jeunes gréements.

Et puis il y a l'eau, la dangereuse eau qui dort,
Symbole des premières vies, mais aussi symbole de mort.
Sa masse nous étouffe et la vase nous salit,
Les prédateurs attendent leur tour, dans l'ombre tapis.

Tout a une fin, et ce long fleuve aussi.
C'est en se jetant dans la mer qu'on pense finir sa vie.
Mais à l'arrivée, ce sont des chutes d'eau, une fin plus brutale,
Ou le courant est si fort qu'il en devient fatal.

Je vais vous laisser, pour l'heure l'eau est calme.
Je reprends mon voilier, un peu de vague à l'âme.
Je suis un peu anxieux, j'espère que le voyage sera sûr,
Et surtout, qu'il ne se fera pas à vive allure.

Deux mots, quatre lettres...

Petite réflexion sur la sincérité que l'on peut mettre dans la question "ça va"...


Deux mots, quatre lettres, rien de moins, rien de plus.
Deux mots tellement prononcés qu'on ne les entend plus.
Deux mots qu'une conversation banale n'oubliera pas.
Deux mots pour ce qui était une question : Ça va?

On les sort sans y penser, sans même trop y croire,
Sans penser qu'ils pourraient être un guide dans le noir.
On les balance, vague formalité, et l'on n'y revient plus :
« Bonjour, Salut, Ça va, Moi non plus ».

Une réponse succède forcément à la question,
Mais on ne l'entend pas, qu'elle soit positive ou non,
Que ce soit un mot, un roman ou un silence,
Je ne suis même pas sûr que celui qui réponde y pense.

Bien sûr, car qui oserait vraiment dire non?
Tellement plus simple, plus rapide de ne parler que du bon.
On a même peur que l'autre enchaîne sur ses problèmes,
On lâche un « ça va bien? », l'impersonnalité même.

C'est une terrible routine qui peu à peu s'est installée,
Pour se voiler la face, on essaie la variété :
Tu vas bien? Ça boume? Ça roule? Comment qu'c'est?
Mais aucune forme verbale ne peut cacher la vérité.

Il y a peut-être une solution pour quitter cette spirale infernale.
Pas grand-chose, rassurez-vous, ça ne peut pas faire de mal.
Ça ne prendra que quelques secondes, pour peu que nous l'osions,
Finalement, cette réponse, et si nous l'écoutions ?

Ce que l'amitié sincère nous a pleinement appris,
Écouter l'autre jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix,
Lui prendre la main, lui tendre la perche,
Pour ne pas lire un jour « Solidarité - Avis de Recherche ».

Pour une fois, poser cette question sincèrement,
Et interpréter la réponse avec tous nos sentiments.
Si elle est mauvaise, saigner avec l'autre et trouver la solution,
Si elle est bonne, partager notre bonheur avec passion.

Cette question est donc plus importante qu'il n'y paraît.
Faites-y attention pour ne pas en faire les frais.
C'est pourquoi je ne vous demanderai pas si ça va bien ou mal,
Mais sachez que je pense à vous, et au fond c'est le principal.

Pêcheur d'idées


Un texte sur ma façon de chercher les idées... et de les mettre sur papier.

Pêcheur d'idées

Avant de prendre sa plume, une idée, c'est idéal.
Y'a pas à s'agiter, la page blanche, c'est pas génial
Avant de s'essayer au slam, pas soixante possibilités :
Il faut partir en chasse, devenir un pêcheur d'idées.

Chacun trouvera sa propre source d'inspiration.
Certains ne la divulgueront pas, c'est comme les champignons.
La mienne se résume au réseau rasoir des soirs et des matins :
Tout ce qu'on appelle une vie et qui forme notre quotidien.

Je passe en revue tout ce que j'entends, de près ou de loin.
Coup de cœur, coup de gueule, coup d'état ou coup pour rien.
Les médias et les sorties sont autant d'appâts pour mon poisson,
Coup fourré, coupe du monde, cool man ou cours trop long.

Mais si tout s'offrait à moi, ça arrangerait mes affaires.
C'est pourtant à moi de chercher, de trouver la meilleure rivière.
J'envoie le bouchon jusqu'à la métaphore, la réflexion,
Pour que mon esprit soit rafraîchi par des slams de fond.

Toutes les idées sont bonnes à prendre, c'est après que je fais le tri.
Je garde ce qui passionne mon imagination, ce futile outil,
Que ce soit les grands sujets de ce monde ou des futilités,
La première impression est la bonne, c'est ainsi que je pêche mes idées.

Je sais alors que j'ai la bonne prise, il faut maintenant l'assaisonner.
Ne pas se donner trop de mal, j'ai déjà été assez sonné,
De planter sur un vers jusqu'à m'en faire des cheveux blancs,
Quand ça ne vient pas, rien de mieux que de laisser agir le temps.

Peu à peu, les vers et les vannes vont s'imposer,
Ils vont venir à moi pendant que l'eau continuera de couler.
Parfois d'une traite, ou plutôt d'humeur à faire du mot à mot,
Le débit de mon inspiration va varier, mais finira toujours sur le bon mot.

Avant d'avoir ramener sa canne, on ne sait pas quel est le poisson.
Vais-je plutôt me consacrer sur la forme ou sur le fond?
Plutôt une allitération, une métaphore qui fera dire : « pas mal! »
J'essaierai en tout cas une pointe d'humour avant le point final.

Le pêcheur d'idée sait tout de suite quand il a une bonne prise.
Alors il se jette à l'eau, dans l'espoir que ça vous défrise.
Car quand on trouve le bon sujet, surtout comment le dire,
Bref, quand ça mord, le meilleur est à venir

Un premier slam...

Il porte bien son nom: tout simplement mon premier essai!

Un premier Slam...


J'voulais faire un premier slam pour tenter ma chance.
J'voulais faire un premier slam pour savoir c'que les autres en pensent.
J'voulais faire un premier slam sans trop de convictions,
Mais un premier slam quand même, un slam en mon nom.

C'est pas la chose la plus facile, de prendre la plume.
La peur d'être ridicule, que l'on me vole dans les plumes.
Ils vont aimer, ils vont trouver ça suant?
Ou peut-être pire, rester indifférents.

La volonté, ça se trouve, ça se travaille.
Mais c'est un autre point qui peut être la faille.
Que dire? Qu'écrire? En bref, à quoi bon slamer?
Slamer pour s'lamenter, ou s'lacher sur un sujet léger?

Paraît qu'on peut slamer sur tout et n'importe quoi,
Du moment que dans nos textes, on met une part de soi.
Tout simplement chercher ce qu'on veut partager,
Laisser son cœur s'étendre et glisser sur le papier.

Voilà, c'est pour ça, juste pour ça que j'ai envie de slamer.
Slamer pour laisser libre cours à ma créativité.
Slamer un peu dans tous les sens, un peu sur tous les thèmes,
Slamer pour dire je vois, je sens, je suis, je t'aime.

À peine esquissés, voilà les vers qui s'enchaînent.
Et sans chaîne, mon imagination se déchaîne.
Ce que j'aime comme ma haine se libère sans peine,
Ma vie sur le papier comme le sang dans mes veines.

Voilà, je pense que j'ai fait le tour.
J'ai envie de dire, maintenant c'est à votre tour,
Car mon premier slam arrive déjà à son terme.
Je n'sais pas s'il vous a plu, si j'ai choisi les bons termes.
Merci d'être indulgent, d'oublier un peu mes erreurs,
Celles d'un débutant, d'un slameur amateur.