mercredi 3 septembre 2008

Correspondance

Correspondance


De vagues sensations qui deviennent des sentiments,
De ceux qui troublent l'esprit, qui s'amplifient avec le temps.
Le temps; mais combien en reste-t-il?
S'imaginer tout cela n'est-il pas seulement futile?

Pour apprendre un jour ce qu'on savait déjà,
Les voies se font, se défont et s'écartent,
Pas d'autre issue possible, mais on n'en doutait pas,
On s'est juste pris à rêver, avant que l'espoir ne parte.

Ce n'est pas s'être brûlé après avoir pris son envol,
C'est ne pas avoir eu le temps de confectionner les ailes.
Sans savoir quoi ressentir, demeurer au sol,
En se disant que de là-haut, la terre doit être belle.

C'est comme une lettre qu'on ne sait pas comment achever,
Les mots se bousculent mais ne peuvent pas rester,
Ce ne sont pas des remords, ce ne sont pas des regrets,
Mais le sentiment que tout est fini avant d'avoir commencé...

Si ces quelques souvenirs sont désormais un tout,
Alors continuer à écrire, pour les garder jusqu'au bout.
Mais quand vient le paraphe, la réalité se montre,
La vie semble n'avoir duré que le temps d'une rencontre.

C'est comme une lettre qu'on souhaiterait ne pas achever,
Pour dire toujours plus, écrire le fond de nos pensées,
Et garder l'espoir que pour les années à venir,
Il reste toujours des faits nouveaux qu'on puisse écrire.

C'est comme une lettre qu'on souhaiterait ne pas achever,
Car il ne restera rien, quand elle sera postée,
Et vouloir placer un post-scriptum pour faire encore durer le tout,
Même si quelqu'un l'a déjà fait, PS: I love you.

Gueule de bois

Gueule de bois.


Le jour s'est levé, et tant bien que mal j'me réveille.
À peine quelques secondes, et viennent les souvenirs de la veille.
Que la nuit ait été courte ou un repos bien mérité,
Ces matins-là, l'envie n'est vraiment pas à se lever.

C'était peut-être une soirée en boîte, où on s'est complètement lâché,
Ou le concert d'un groupe en vogue, dont le talent nous a scotché.
Un après-midi tranquille, des retrouvailles très attendues,
Un moment simple d'intimité, où le temps ne comptait plus.

C'était peut-être un projet de longue date, une aventure qui aboutit,
Ou un délire complice, avec une bande d'amis.
Ça n'a duré que quelques heures, ou jusqu'au bout de la nuit,
Soirée hebdomadaire, ou qu'on ne connaît qu'une fois dans sa vie.

Mais voilà, c'était hier, ça s'est achevé il y a plusieurs heures.
Mais l'esprit y est toujours, tout autant que le cœur.
C'est une douleur latente qui suit ces instants exceptionnels,
Mes pensées se perdent... J'ai la gueule de bois émotionnelle.

Il faut se faire à cette idée, c'est bel et bien terminé,
Alors qu'il traîne dans ma tête un amer goût d'éternité.
Pas vraiment de la nostalgie, non, c'est plus compliqué,
Passer tout de suite à autre chose, difficile de s'en contenter.

Une seule chose est claire, il faudra remettre ça !
Il y en aura une, mais on ne connaît pas la date de la prochaine fois...
Difficile de tenir, face à cet avenir incertain,
Un jour bien fixé aiderait sûrement à être plus serein...

Et s'il fallait attendre des mois, voire des années ?
C'est à ce moment que naissent les quelques regrets...
Me suis-je assez donné, ai-je assez profité ?
Je ne m'en rends pas encore compte, mais j'ai peut-être tout raté...

Remise en cause futile, car tout allait pour le mieux,
Je réfléchis trop ? Mais non, si peu...
Peut-être ces doutes, peut-être ce questionnement,
Ne sont encore que les moyens de faire durer l'événement...

Continuer à y réfléchir ne fera pas beaucoup de bien...
Mais a-t-on seulement l'envie de revenir au quotidien ?
Alors qu'on pense encore aux meilleurs souvenirs,
On oublie dans le travail, la musique ou peut-être pire...

Il faut avancer, pourtant, alors on prend sur soi...
...après avoir ouvert son agenda pour y trouver la prochaine fois.

Acrostiche

Un petit acrostiche, sur une idée de Q.R.: un acrostiche d'acrostiche... Les rimes de fin de vers sont les mêmes de haut en bas et de bas en haut, il y a un petit quelque chose de palindrome...


A la facilité, il ne faut pas céder :
Contraintes imposées, autre motivation,
Réussir à quitter le dédale créé,
Oulipien ou ne pas être, telle est la question.
Se retrouver au pied du mur, sans issue,
Trouver un détour et reprendre le dessus.
Il faudra faire preuve d'imagination,
Chaque nouveau vers pourrait nous faire sombrer,
Haletant, nous saurons accomplir la mission,
Et n'attendrons qu'une chose : recommencer.

Ce soir

Ce soir

Depuis quelques temps, mes textes, mes slams sont plus sérieux,
Les thèmes choisis ne sont pas les meilleurs pour faire rire.
Peut-être l'âge, je pense que c'est l'époque qui le veut,
Où se mélangent encore passé, présent et avenir.

Si choisir son chemin à un carrefour est important,
Faut-il rester indifférent aux itinéraires délaissés ?
On peut suivre de loin ceux qui les ont préférés,
Et jeter un œil au-dessus de son épaule, en direction du bon vieux temps...

Une fois n'est pas coutume, pas de plan pour ce texte-ci,
Ce soir, j'écris, seul, ce que mes pensées veulent bien laisser glisser.
Journal intime, journal d'un Tim, si je le partage aujourd'hui,
C'est peut-être parce que c'est de Vous qu'il parle, de loin ou de près.

Vous, qui êtes un jour partis loin, pour ne revenir que rarement.
Cela fait plusieurs années, ou quelques semaines seulement.
Peut-être même avons-nous toujours été éloignés,
La distance amène toujours quelques difficultés...

Vous, qu'on sait tout proche, mais dont les nouvelles se font rares,
Je ne me fais pas trop de souci, il y a des occasions de se revoir,
Mais le doute plane, les évènements peuvent nous échapper,
Et si la dernière fois était déjà passée ?...

Vous, qui ne quittez jamais tout à fait mes pensées,
Nos chemins se croisent à nouveau, et ce très souvent.
Si la peur s'efface quand renaissent nos complicités,
Elle sait s'immiscer à nouveau, quand le silence se fait pesant.

Vous, qui êtes toujours présents, jamais très loin,
L'improvisation garde son charme particulier,
Si des occasions, il y en a un peu moins,
J'espère que l'on saura toujours comment les exploiter.

Vous, qui êtes là depuis peu, et pourtant si longtemps,
Les bases sont jetées ; seront-elles fortifiées ?
L'espoir est permis, ce n'est que le commencement,
Les rencontres nous enrichissent, comment en douter ?

Et même si, dans le fond, il n'y a pas à s'inquiéter...
J'en suis sûr, maintenant, Vous me l'avez prouvé.
Profite du jour présent, de ceux à venir, de tous ces moments-là,
Je sais qu'il y en aura d'autres, Vous pouvez compter sur moi.

Impulsion

Un slam écrit en quelques minutes... vous comprendrez pourquoi en y jetant un oeil.


Impulsion

J'ai envie de slamer, j'ai envie de claquer des mots,
Tout de suite, maintenant, succomber à la tentation,
À l'aveuglette, sans réfléchir, je suis dans le bon tempo,
Me laisser guider par ma plume et mes émotions.

Pas besoin d'un plan ou d'un quelconque brouillon,
Pour une fois, le pêcheur d'idées n'aura pas d'hameçon.
Je veux que mon esprit puisse librement vagabonder,
Qu'il attrape simplement les mots à sa portée.

Comment la page blanche peut-elle être une angoisse ?
Quand la motivation est là, les mots arrivent d'eux-mêmes.
Ma transe me transcende, mes idées me dépassent,
Les rimes s'imposent quand la vie devient poème.

Car c'est bien ce but, l'espace d'un instant,
Oublier tout le reste, se consacrer aux vers,
Et sous mes yeux, peu à peu, dans ce texte naissant,
L'univers est ma pensée, ma pensée est l'univers,

Je suis soudain créateur d'un monde qui est le mien,
Ou qui en est bien loin, mais je forge son destin,
Peu importe les échecs, les problèmes de la vie courante,
Je suis le maître de ce slam, et pour le moment je m'en contente.

Je placerai bien une vanne, ou un jeu de mot laid,
Mais celui-là est trop connu, je ne suis pas satisfait,
Mais si je dois me creuser la tête, la magie disparaît,
J'veux y aller au feeling, j'veux slamer pour de vrai.

Bien sûr, je ne renie pas les grandes réflexions,
Mais chaque chose en son temps, les métaphores attendront,
Quand j'effectuerai un autre travail de fond,
J'y trouverai du plaisir, pas de doute sur la question.

Mais il faut savoir se laisser aller, larguer les amarres,
Je prendrai du recul quand mes idées seront noires.
Si mon humeur est à la spontanéité,
Lâchons un peu de lest, et laissons nous aller !

Si vous trouvez slamentable qu'un slameur s'lâche comme ça,
S'lamenter vous toujours, il ne s'en lassera pas,
La situation n'est pas à la précipitation ou à la naïveté,
Mais plus que de raison, à l'évasion, la légèreté.

Et voilà qui défoule et qui détend à la fois,
Une expérience unique, j'en garderai la foi,
Laissez-vous tenter, vous n'en reviendrez pas,
Trouvez un peu de temps, et puis on remet ça !