lundi 31 août 2009

Odalouk - Ode à l'uke

Odalouk


Bonjour à tous, c'est pour un hommage,
Juste comme ça, une envie de passage,
De célébrer plus qu'un instru, un vrai compagnon,
Une ode à mon Uke, naïve et sans prétention.

Un peu d'exotisme qui tient à quatre cordes,
Pour animer en impro, c'est tout à fait dans ses cordes,
Sol do mi la, une petite inversion dans la hauteur
Qui donnera aux standards une nouvelle saveur.

Car se cantonner au tiki est toc pour l'uke,
L'éclate c'est rock, folk, funk et zouk,
C'est se faire plaisir, entre potes, jams de fous,
Plus c'est décalé, plus on y prend goût.

Alors il nous suit, un peu partout, un peu nulle part,
On le dégaine facilement, parfois sans y penser,
Au point que son absence finira par être remarquée,
En entendant résonner un « Où'kulélé, ta guitare ? »

Avec ton uke, pas d'med, pas d'blem,
C'est ta main qui gratte, tes doigts qui égrainent,
À la vitesse de l'éclair, vifs mais précis,
Comme une puce sauteuse qui soudain prendrait vie.

Ça ne vous dirait pas, de vous la jouer « Uke Hero » ?
Jake, IZ, Matthieu, Francis ou Elvis,
Et si comme pour Marilyn, il y en a qui l'aiment chaud,
Ça bulle aussi pour d'autres, comme Boulet ou Lewis.

Et si tous ces fous pouvaient lâcher leurs flingues et leurs fusils,
Poser leurs stylos qui signent des papiers moisis,
C'est logique, le monde serait bien meilleur pour demain,
Si tout le monde vivait avec un uke entre les mains.

vendredi 17 avril 2009

En différé


Je rentre du boulot, pause de midi, pause déjeuner,
Pas beaucoup de temps : top chrono, micro-onde, surgelé.
Pendant que ça chauffe, toujours la même chose, mon gimmick journalier,
J'attrape la clé et je vais chercher le courrier.

C'est un peu toujours pareil, prospectus et factures,
-faudrait mettre un « stop pub », ça fait trop longtemps que ça dure- 
Je vérifie tout ça, je regarde la une du journal,
Et je... et bien tiens, une carte postale.

Le premier réflexe, c'est découvrir qui l'a envoyée,
(Même si certains de mes potes ont déjà oublié de signer...)
On évince quelques secondes le texte pour lire la signature,
Ah ! Mais bien sûr... D'ailleurs, j'avais reconnu l'écriture...

Ensuite, spontanément, je regarde le recto,
Un dessin, un montage, le plus souvent une photo,
On découvre alors la provenance, ou on la devine,
Avec l'aide du timbre, si cela reste une énigme...

Y'a des cartes originales, avec des jeux ou des bons mots,
Des gros tirages ou des concepts artistiques artisanaux,
Mais aussi des montages, des banales prises de vues,
Des photos de panoramas vues, et revues, et revues...

C'est le même topo que pour celles qu'on fait soi-même,
Quand il n'y a rien de spécial, on finit toujours par prendre les mêmes,
Des monuments, des bords de mer, des clichés clichés,
Les épices du souk du... Je crois qu'un autre a déjà traité l'idée.

Mais le cœur de la carte réside bien sûr dans son texte,
Ces mots soigneusement choisis à notre seule adresse,
Certains auteurs inspirés ont carrément manqué de place,
Alors que pour d'autres, la carte est un trop-plein d'espace...

Là aussi, il y a les textes un peu convenus,
Il aimerait rester en vacances, tiens donc, qui l'aurait cru ?
Et il y a ceux qui tentent des trucs, qui ont la plume bien trempée,
Y'a tellement de private jokes que j'suis pas sûr de tout caler...

Oui, et cartes après cartes, on instaure quelques rituels,
Le bon choix pour le bon pote, de l'importance du visuel,
J'ai déjà passé mes vacances à écumer les papeteries,
Pour trouver LA carte pour elle ou pour lui.

Un magnifique ciel coloré, pour Lulu illico !
Pour Fred, ce sera une citation ou un bon mot,
Des vaches pour Boris, je vous laisse deviner,
Des bestioles pour Nouk, que l'on fera parler,
Pour Clem un mouton, qu'il faut parfois dessiner,
Et ainsi de suite, chaque voyage, chaque été.

C'est étonnant, ces messages en différé,
Lorsqu'on les reçoit, l'autre est généralement rentré,
Mais le charme est indéniable, on envoie un souvenir,
Quand à l'heure d'internet, sa lenteur fait sourire.

Et c'est le vécu d'un autre que l'on reçoit au courrier,
Un bout de ses vacances qu'il a voulu partager,
C'est lui qui a choisi et fixé ces quelques instants,
Mais c'est nous qui les conservons, toujours, et pour longtemps...

dimanche 26 octobre 2008

Hommage.

Je ne serai pas le premier à clamer que c'est une chance,
Ni le dernier à lui accorder tant d'importance.
Si dire qu'ils sont tous indispensables peut tenir du cliché,
Une intime conviction me dicte que c'est un passage obligé.

J'ai senti la force d'un simple duo, ou d'un groupe entier,
Un pour tous et tous pour un, unis dans la complicité,
Savoir qu'ils nous soutiennent, savoir qu'ils sont là,
Savoir qu'il y en aura toujours un qui ne baissera pas les bras.

J'ai connu des potes toujours présents dès qu'on se marre,
Avec lesquels il n'y aura jamais aucun déboire.
Celles qui lisent en moi comme dans un livre ouvert,
Qui savent parfois mieux que moi ce que j'attends et espère.

J'ai vu des amitiés se construire avant même de s'en rendre compte,
Une communauté qui se soude, des projets qui se montent,
Mais sans que les anciens passent au rang de souvenir :
J'ai concilié souvent le passé et l'avenir.

Il y a eu des silences, des relations en pointillés,
Quand quelques mots tous les deux mois restaient le seul contact.
Et pourtant, se retrouver comme si rien n'avait changé,
Oublier le temps et la distance, d'un commun accord, d'un invisible pacte.

J'ai senti les liens se renforcer au fil des jours, des années,
Comme une devise s'installer ; liberté, amitié, fraternité,
Quand ils s'intensifient, deviennent plus sérieux,
Frangin frangine, petit ou grand, parfois les deux.

Et ceux qui se sont rompus, pour un temps ou à jamais,
Sans qu'on sache vraiment pourquoi, ou pour un fait avéré,
Tous ces bons moments restent gravés dans mon esprit,
Et l'expérience a montré que déjà, certains ont repris.

Ils sont, vous êtes, musicien, gymnaste, blagueur, dessinateur,
Poète, écolo, sportif, danseuse, chanteuse, chanteur,
Geek, pantouflard, fêtard, rôliste, harpiste,
Cordon bleu, footeux, grimpeur, jongleur, artiste, utopiste.

Merci.

Naïve, bavard, ouverte, passionnés, cultivé,
Têtue, lunatique, autoritaire, entière, enjoué,
Grinçant, délirant, attentive, timide, silencieux, 
Sensible, râleuse, anxieuse, sérieux, généreux.
Fidèle, mélomane, parano, classe, efficace,
Si on ne se connaît pas encore, entrez, il reste de la place.

Merci...

mercredi 3 septembre 2008

Correspondance

Correspondance


De vagues sensations qui deviennent des sentiments,
De ceux qui troublent l'esprit, qui s'amplifient avec le temps.
Le temps; mais combien en reste-t-il?
S'imaginer tout cela n'est-il pas seulement futile?

Pour apprendre un jour ce qu'on savait déjà,
Les voies se font, se défont et s'écartent,
Pas d'autre issue possible, mais on n'en doutait pas,
On s'est juste pris à rêver, avant que l'espoir ne parte.

Ce n'est pas s'être brûlé après avoir pris son envol,
C'est ne pas avoir eu le temps de confectionner les ailes.
Sans savoir quoi ressentir, demeurer au sol,
En se disant que de là-haut, la terre doit être belle.

C'est comme une lettre qu'on ne sait pas comment achever,
Les mots se bousculent mais ne peuvent pas rester,
Ce ne sont pas des remords, ce ne sont pas des regrets,
Mais le sentiment que tout est fini avant d'avoir commencé...

Si ces quelques souvenirs sont désormais un tout,
Alors continuer à écrire, pour les garder jusqu'au bout.
Mais quand vient le paraphe, la réalité se montre,
La vie semble n'avoir duré que le temps d'une rencontre.

C'est comme une lettre qu'on souhaiterait ne pas achever,
Pour dire toujours plus, écrire le fond de nos pensées,
Et garder l'espoir que pour les années à venir,
Il reste toujours des faits nouveaux qu'on puisse écrire.

C'est comme une lettre qu'on souhaiterait ne pas achever,
Car il ne restera rien, quand elle sera postée,
Et vouloir placer un post-scriptum pour faire encore durer le tout,
Même si quelqu'un l'a déjà fait, PS: I love you.

Gueule de bois

Gueule de bois.


Le jour s'est levé, et tant bien que mal j'me réveille.
À peine quelques secondes, et viennent les souvenirs de la veille.
Que la nuit ait été courte ou un repos bien mérité,
Ces matins-là, l'envie n'est vraiment pas à se lever.

C'était peut-être une soirée en boîte, où on s'est complètement lâché,
Ou le concert d'un groupe en vogue, dont le talent nous a scotché.
Un après-midi tranquille, des retrouvailles très attendues,
Un moment simple d'intimité, où le temps ne comptait plus.

C'était peut-être un projet de longue date, une aventure qui aboutit,
Ou un délire complice, avec une bande d'amis.
Ça n'a duré que quelques heures, ou jusqu'au bout de la nuit,
Soirée hebdomadaire, ou qu'on ne connaît qu'une fois dans sa vie.

Mais voilà, c'était hier, ça s'est achevé il y a plusieurs heures.
Mais l'esprit y est toujours, tout autant que le cœur.
C'est une douleur latente qui suit ces instants exceptionnels,
Mes pensées se perdent... J'ai la gueule de bois émotionnelle.

Il faut se faire à cette idée, c'est bel et bien terminé,
Alors qu'il traîne dans ma tête un amer goût d'éternité.
Pas vraiment de la nostalgie, non, c'est plus compliqué,
Passer tout de suite à autre chose, difficile de s'en contenter.

Une seule chose est claire, il faudra remettre ça !
Il y en aura une, mais on ne connaît pas la date de la prochaine fois...
Difficile de tenir, face à cet avenir incertain,
Un jour bien fixé aiderait sûrement à être plus serein...

Et s'il fallait attendre des mois, voire des années ?
C'est à ce moment que naissent les quelques regrets...
Me suis-je assez donné, ai-je assez profité ?
Je ne m'en rends pas encore compte, mais j'ai peut-être tout raté...

Remise en cause futile, car tout allait pour le mieux,
Je réfléchis trop ? Mais non, si peu...
Peut-être ces doutes, peut-être ce questionnement,
Ne sont encore que les moyens de faire durer l'événement...

Continuer à y réfléchir ne fera pas beaucoup de bien...
Mais a-t-on seulement l'envie de revenir au quotidien ?
Alors qu'on pense encore aux meilleurs souvenirs,
On oublie dans le travail, la musique ou peut-être pire...

Il faut avancer, pourtant, alors on prend sur soi...
...après avoir ouvert son agenda pour y trouver la prochaine fois.